complément à l'article sur les 36 décans 
| Voici un tableau en deux parties donnant la correspondance de chacun des 36 décans avec les organes, les maladies, les pierres, les plantes et les aliments à éviter |
 
 
| Ce tableau est tiré des actes de la table ronde du 18 mars 1992 sur les tablettes astrologiques de Grand organisée par le Centre d'études romaines et gallo-romaines de Lyon III |
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23-01-2012
 
Les décans jouent un rôle essentiel dans l'astrologie ancienne 
| La plupart des astrologues modernes n’utilisent plus les décans. Pourtant ils jouent un rôle particulièrement important dans l’astrologie ancienne et tout particulièrement en astrologie médicale. Nous en trouvons trace dans la plupart des textes astrologiques anciens à l’exception de la Tétrabible de Ptolémée. De même la plupart des iconographies anciennes, telles le zodiaque de Dendera, témoignent des trente six décans. (1) |
 
 
| Nous sommes habitués à diviser le cercle zodiacal en 12 signes de trente degrés. Ce cercle est également divisé en 36 décans de 10° degrés. Cette division en 36 s’est développée tout particulièrement en Egypte du fait que le calendrier en vigueur était basé sur une semaine de dix jours. L’année qui débute avec le lever héliaque de l’étoile Sirius compte 36 semaines de 10 jours, les 5 jours restant appelés « épagomènes » se situant en Juillet à chaque changement d’années et fêtant successivement la naissance d’Osiris, Horus, Seth, Isis et Nephthys. Chaque décan est attribué à une divinité. On sait à quel point les Anciens attachent de l’importance non seulement au signe ascendant mais également au degré du signe ascendant. S’ils ont besoin de connaître ce degré précis c’est afin de pouvoir déterminer le décan qui se lève au moment de la naissance. Les tables que Ptolémée établit dans l’Almageste sont précisément divisées en 36. De leur côté les ingénieurs grecs construisent toutes sortes d’horloges (entre autres les horloges anaphoriques) qui permettent de déterminer à tout instant le décan qui se lève. Les décans sont tout aussi importants, dans l’astrologie médicale des anciens, que les douze signes, les deux luminaires et les cinq planètes (2). |
 
 
| A chaque décan correspond la partie du corps la plus fragile ainsi que le remède le plus approprié pour se protéger. A.J. Festugière, dans sa Révélation d’Hermès Trismégiste (3), nous indique comment on utilise concrètement ces décans. Voici dans sa propre traduction quelques extraits du livre sacré sur les décans (4) : « Ainsi donc chacun des signes zodiacaux a pouvoir sur son membre propre et il produit en ce membre une certaine affection, en sorte que si tu veux éviter de subir ce qu’il faut subir du fait des décans, grave sur les pierres les formes et figures des décans eux-mêmes et, après avoir placé en dessous (de la pierre gravée) la plante de chaque décan et aussi sa forme, et t’en être fait un phylactère(5), porte-le, comme un puissant et bienheureux secours pour ton corps. » Voici à titre d’exemple ce qui concerne le premier décan du Bélier : « Bélier 1er décan : il a nom Chenlachori et il a la forme ici représentée : son visage est d’un petit enfant, ses mains sont dressées vers le haut, il tient un sceptre qu’il élève au- dessus de sa tête, il est emmailloté des pieds aux genoux. Il domine sur les affections de la tête. Grave le donc sur une pierre de Babylone poreuse, place en dessous la plante isophryn, fixe dans un anneau de fer et porte. Garde toi de manger la tête d’un verrat. C’est ainsi que tu gagneras la bienveillance de chaque décan en le gravant sur la pierre et avec son nom. » Ainsi, pour les anciens, tout se tient. Un lien subtil relie les décans, les pierres, les plantes, les animaux, les parties du corps humain, les maladies et les divinités. Un passage du Damigéron-Evax précise même que le phylactère devait être consacré à un moment bien précis : « Et si vous voulez avoir un phylactère de votre corps et de votre âme, cherchez avec un mathématicien (terme utilisé pour désigner l’astrologue) quel est l’ange, c’est à dire le signe de l’heure où vous êtes né, utilisez la pierre sculptée de cet ange et vous aurez un phylactère perpétuel quand la lune est en conjonction, c’est à dire au signe de cet ange. » (6) Une fois calculé le décan du signe ascendant et une fois gravé la pierre qui gouverne ce décan,. on consacre la pierre le jour du mois où la Lune passe en conjonction de ce décan. Il pouvait donc y avoir un délai d’un mois entre la date de la confection du phylactère et sa consécration. Ainsi on agit préventivement en portant cet anneau tout en s’abstenant de l’aliment « antipathique » du décan. L’astrologie populaire a remis au goût du jour, depuis 1930 environ, non seulement le signe solaire mais également les décans. Reste à tester expérimentalement si ceux-ci ont réellement de l’importance. Notes (1) Ce zodiaque provenant d’un plafond du temple d’Hathor à Dendera se trouve dans les collections égyptiennes du musée du Louvre (2) Le zodiaque de Dendera est ici redessiné en couleur par Joanne Conman afin de faire ressortir constellations, planètes, signes et décans. Les signes sont en rouge tandis que les cinq planètes sont en vert et les 36 décans en bleu-clair. (3) Corpus Hermeticum, tome 3, texte établi et traduit par A. J. Festugière, Paris, Les Belles Lettres (1972) Stobée VI, 2-5, p.34. (4) La révélation d’Hermès Trismégiste, tome I : L’astrologie et les sciences occultes, Les Belles Lettres, 1981, p.139 (5) Un phylactère est un talisman, une amulette. Ce terme qui a la même racine que« prophylaxie » implique l’idée de prévention. (6) Halleux R. et Schamp J., Les lapidaires grecs, Belles Lettres, 1985 |
 
 
 
 
 
 
12-10-2003
 
d'après l'oeuvre de Ptolémée 
| Les astrologues grecs ne s’intéressent pas à l’enchaînement des phases d’un cycle. Ils ont une approche moins géométrique du cycle. Leur approche du cycle est plus visuelle. Ils mettent en avant le cycle du jour, privilégiant tout ce qui se passe dans la zone de l’Ascendant, zone où l’on passe de l’obscurité à la lumière. S’agissant du cycle de la lunaison, les nouvelles lunes et pleines lunes les intéressent au point de reporter sur chaque thème de naissance le degré de la Nouvelle Lune ou de la Pleine Lune qui a précédé la naissance. Quant aux planètes, ils observent leurs variations d’éclat, l'alternance de leur période de visibilité et d'invisibilité. Ils savent que ces variations suivent des rythmes. Cela a lieu par exemple tous les 13 mois pour Jupiter ou tous les 26 mois pour Mars. A y regarder de plus près, on se rend compte que les grecs s’intéressent avant tout au cycle composé de chaque planète avec le Soleil. Il convient de distinguer trois cas de figures bien différents : - le cycle de la Lune avec le Soleil - le cycle des planètes supérieures avec le Soleil - le cycle des planètes inférieures avec le Soleil A) Cycle soli-lunaire Nous avons évoqué tout à l'heure le cycle de la lunaison que nous divisions en quatre : Nouvelle Lune, premier quartier, pleine Lune et dernier quartier. Les grecs ont une division plus subtile. Lisons attentivement le passage du Tétrabiblos de Ptolémée qui traite de ce sujet. “ La Lune, depuis son lever jusqu’à son premier quartier, produit une humidité croissante ; du premier quartier à la pleine lune, davantage de chaleur ; puis davantage de sécheresse de la pleine Lune au deuxième quartier ; et enfin davantage de froid depuis le dernier quartier jusqu’à ce qu’elle se soustraie au regard (I,8)” Le lever de la lune n’est pas la même chose que la nouvelle lune. Il correspond au moment où l’on commence à voir la lune. Le mois, chez les grecs, ne commencent pas avec la nouvelle lune mais le jour où un mince croissant apparaît à l’Ouest, c’est-à-dire le lendemain ou le surlendemain de la nouvelle Lune. Et le pendant de l’apparition de la Lune c’est sa disparition :“ elle se soustrait du regard ”. Nous n’attachons plus guère d’importance à l’apparition et à la disparition de la Lune. Pour les grecs ces deux moments étaient essentiels car ils symbolisaient le passage de l’obscurité à la lumière ou de la lumière à l’obscurité. Aussi, pour les grecs les 5 moments clés du cycle sont : - l’instant où la Lune apparaît pour la première fois - à l’horizon Ouest - le premier quartier - la pleine lune - le second quartier - l’instant où la Lune disparaît à l’horizon Est. Les grecs connaissent à l'évidence les cycles. Mais ils ne les envisagent pas de la même manière que nous. La différence que nous venons de constater pour le cycle de la lunaison est plus nette encore, comme nous allons le voir maintenant, avec les planètes supérieures et les planètes inférieures. B) Le cycle du Soleil avec les planètes supérieures Nous retrouvons pour les planètes supérieures cette même division du cycle en cinq phases, avec à la place du premier et second quartier, la première et la seconde station, le lever nocturne correspondant à la pleine Lune. Tout comme la Lune est invisible lors de la nouvelle lune, les planètes supérieures (Mars, Jupiter et Saturne) sont également invisibles les jours qui précèdent et suivent leur conjonction au Soleil. Ils sont “ sous les rayons ”. Mais, à la différence de la Lune, ils font leur apparition à l’Est et disparaissent à l’Ouest. S’agissant de leur zone de visibilité, Ptolémée distingue quatre étapes qu’il met en rapport avec les qualités élémentales : “ De leur côté, les planètes, quand elles sont du matin, produisent depuis leur lever jusqu’à leur première station une humidité qui va croissant ; davantage de chaleur depuis leur première station jusqu’à leur lever nocturne ; davantage de sécheresse depuis leur lever nocturne jusqu’à leur seconde station, et davantage de froid depuis leur seconde station jusqu’à leur coucher (I,8) ”. Il est important pour les grecs de repérer si la planète est visible car, dès qu’elle est visible, elle présente un maximum d’énergie. Inversement quand elle n’est plus visible, elle redevient inactive. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour calculer l’arc de vision qui permet de déterminer le jour où la planète devient visible ou redevient invisible : le diamètre apparent de la planète, sa latitude, sa position en signe et la latitude du lieu de naissance. Ptolémée donne dans l'Almageste les valeurs de l'arc de vision pour la ville d’Alexandrie. Cet arc varie selon les planètes (7° à 16° si l’on prend les valeurs moyennes) et selon le signe où se trouve la planète, la valeur moyenne de 16° pouvant aller de 9° à 23°. De la même manière - et là je n'entrerai pas dans le détail - les grecs cherchent à repérer le moment où la planète est stationnaire, quand elle commence sa rétrogradation et quand elle redevient directe. |
 
 
| Les grecs variaient l'interprétation de la planète en fonction de sa position dans le cycle : Voici comment, dans le chapitre sur la conformation du corps, Ptolémée interprète la réalité cyclique sur le plan corporel : “ Quand les planètes sont du matin et qu’elles font leur première apparition, elles développent en général les corps. Quand elles sont à leur première station, elles les font forts et vigoureux mais lorsqu’elles sont rétrogrades elles les font mal proportionnés. A leur deuxième station elles les font plus faibles Et au couchant elles les font tout à fait disgracieux bien que résistants aux difficultés et aux malaises. ” (p. 167) Dix pages plus loin, dans le chapitre sur les qualités de l’âme, Ptolémée interprète cette même réalité cyclique au niveau psychique : “ Les configurations orientales sur l’ascendant … font l’âme libérale, simple, sûre d’elle, forte, vigoureuse, vive et ouverte. Les stations du matin des planètes et les culminations au Milieu du Ciel la font capable de raisonner, ferme, douée d’une bonne mémoire, stable, intelligente, magnanime, capable de réaliser ses désirs, inflexible, forte, rude, difficile à berner, perspicace, active, encline à infliger des sentiments et apte à s’instruire. L’avancée dans le sens du mouvement diurne (c’est à dire la rétrogradation) et le coucher des planètes la font changeante, instable, faible, fatigable, émotive, basse, lâche, ambiguë, vantarde, molle, indolente, butée. Les stations du soir des planètes et leurs culminations au Bas du Ciel ainsi que, dans le cas de Mercure et de Vénus, les couchers du soir pour la journée, et du matin pour la nuit, font l’âme vigoureuse et prudente, mais douée d’une mémoire médiocre, peu laborieuse et peu travailleuse, disposée cependant à effectuer des recherches sur les choses occultes et à enquêter sur l’invisible, comme est l’âme de ceux qui inclinent vers la magie, les mystères, l’astronomie, les instruments et les machines, la thaumaturgie, l’astrologie, la philosophie, les présages, l’interprétation des songes et autres choses semblables ”(p177). Il y aurait toute une exégèse à accomplir de ces textes. Ils témoignent en tout cas de la prise en compte pour chaque planète de sa phase. A) Le cycle du Soleil avec les planètes inférieures Nous sommes obligés de mettre à part Mercure et Vénus car ces deux planètes inférieures, contrairement aux planètes supérieures - mais comme la Lune - se lèvent à l’Ouest et présentent deux zones d’invisibilité, l’une au moment de la conjonction supérieure, l’autre au moment de la conjonction inférieure. Comme l’explique si justement Ibn Ezra dans le “ livre des fondements astrologiques ” “ Le changement des jugements au sujet des planètes inférieures (au Soleil) et des planètes supérieures tient à ce que les supérieures ont leur force à l’Est et les inférieures à l’Ouest ; car le Soleil se presse dans sa course plus que les supérieures, et quand il entre en conjonction avec elles, il les distance, et ces planètes supérieures passent à l’est du Soleil. Et alors, leur force croît en raison de la rapidité de leur course. Et quant à la conjonction des planètes inférieures avec le Soleil, comme elles sont plus rapides dans leur course que le Soleil, ce sont elles qui le distancent et elles apparaissent à l’Ouest de ce dernier. Et c’est alors que leur force croît, car alors elles sont rapides dans leur course. Et il arrive à Vénus et à Mercure un cas qui n’arrivent pas aux autres planètes, car soit ils sont conjoints au Soleil et droits dans leur course, soit ils sont conjoints à lui mais rétrogradent ”. (p 282) Ainsi, Mercure et Vénus se retrouvent dans la même situation tous les 4 mois ou tous les 19 mois. On distingue, en ce qui les concerne, huit phases : Le lever vespéral (sortie première zone invisibilité) La première station Le coucher vespéral (entrée deuxième zone invisibilité) La conjonction inférieure Le lever matinal (sortie deuxième zone invisibilité) La seconde station Le coucher matinal (entrée première zone invisibilité) La conjonction supérieure Le diamètre apparent de Vénus étant de beaucoup plus important que celui de Mercure, l’arc de vision est plus grand pour Vénus que pour Mercure. L’écart est moindre à l’Est, pour le lever, dans les signes de longue ascension (Lion à Scorpion) et à l’Ouest, pour le coucher, dans les signes de courte ascension (Verseau à Taureau). Le calcul de l’apparition et de la disparition de l’astre, – dont on a vu la subtilité - a été très tôt “ normalisé ”. L’astrologue romain Firmicus Maternus écrit en 337 : L'astre de Saturne est matinal quand son écart avec le Soleil est de 15°, c'est-à-dire quand il se lève avant le Soleil. De même l'astre de Jupiter par un écart de 12° se fait matinal ; pour Vénus c'est 8°. En outre Mars, quand il se trouve précéder le Soleil de 8°, devient matinal. Mercure, quand il se trouve précéder le Soleil de 18° est matinal. Mais ces planètes sont vespérales lorsque, placées à ce même nombre de degrés du Soleil, elles le suivent. (Mathesis, II,9,103). Une telle simplification est abusive. Il est urgent que nous puissions trouver dans les logiciels astrologiques les véritables valeurs de cet arc de vision. Extrait d’une conférence donnée à Andorre au congrès Cyklos en Septembre 2001 |
07-01-2003